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Attentat de la rue des Rosiers

Le Monde

Appel à la collaboration des pays où vivent des suspects

La Norvège, la Palestine et la Jordanie, les pays où vivent trois suspects visés par des mandats d’arrêt internationaux, sont appelés à collaborer.

Il y aura un procès

A l’issue d’une rencontre avec le juge Marc Trevidic, lundi 9 mars, les avocats de victimes de l’attentat de la rue des Rosiers, le 9 août 1982, ont réclamé la collaboration de la Norvège, de la Jordanie et des autorités des territoires palestiniens, où vivent trois suspects.

Le juge a récemment délivré des mandats d’arrêt internationaux contre trois hommes d’origine palestinienne qui vivent en Norvège, à Ramallah, en Cisjordanie, et en Jordanie, Walid Abdulrahman Abou Zayed, 56 ans, Mahmoud Khader Abed Adra, 59 ans et Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi, 62 ans.

Les deux premiers sont soupçonnés d’avoir appartenu au commando de trois à cinq hommes du Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, qui avaient jeté une grenade dans le restaurant de Jo Goldenberg puis ouvert le feu, tuant six personnes et en blessant vingt-deux autres. Le troisième aurait supervisé l’attaque.

« Il y aura un procès. La question est de savoir si ce sera avec les suspects ou en leur absence », a déclaré Me David Père, avocat de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) et de proches de victimes.

Le juge Trevidic « a assuré que selon toute vraisemblance, il y aurait un procès », a renchéri son confrère Me Ariel Goldman, conseil de Guy Benarousse, victime de l’attentat. Selon lui, le magistrat a invité toute victime « qui ne se serait pas manifestée à le faire auprès de lui ».

Solidarité contre le terrorisme

Lors de la réunion, le juge a insisté sur les démarches à mener auprès des autorités judiciaires norvégiennes, jordaniennes et palestiniennes pour espérer une remise des trois suspects. « Il faut retrouver le plus de victimes possible pour que ce dossier ne s’éteigne pas » et « obtenir la collaboration des pays concernés », a relevé Me Martine Bouccara, l’avocate de la famille d’une victime, André Hezkia.

« Nous appelons ces pays à faire montre de solidarité contre le terrorisme »« il faut se battre contre le terrorisme, que ce soit celui de la rue des Rosiers ou celui de Charlie Hebdo », a insisté Me Père.

Par la voix de son avocat, David-Olivier Kaminski, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) « rappelle que la lutte contre le terrorisme n’est pas l’affaire que de la France mais de l’ensemble des pays qui souhaitent lutter contre la barbarie et l’obscurantisme ».