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L’avalanche avait tué une skieuse sur une piste balisée

LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ

LES ARCS | 50 000 EUROS D’AMENDE REQUIS CONTRE LE GESTIONNAIRE DU DOMAINE SKIABLE

Le 29 mars 2013 en fin d’après-­midi, le PGHM de Savoie était alerté qu’une avalanche venait de se déclencher aux Arcs 1 800. Partie sur une crête, la plaque de neige d’une largeur de 60 mètres avait fini sa course sur la piste ouverte et balisée du “Grand Renard” où, par un épais brouillard, évoluaient cinq skieurs encadrés par un moniteur de l’ESF. Parmi ces derniers, une femme de 41 ans de nationalité russe avait été ensevelie sous une épaisseur de 30 cm de neige. Dé­couverte en arrêt cardio-respiratoire, la malheureuse décédait le lendemain au CHU de Grenoble.

Vendredi matin, la société ADS, gestionnaire du domaine skiable des Arcs, a été jugée pour homicide involontaire par le tribunal correctionnel d’Albertville. Pour les juges, il s’agissait de savoir comment une avalanche avait pu dévaler sur une piste ouverte au public. À la barre, le directeur gé­néral d’ADS a réfuté toute négligence de la part de ses services.« Le matin avant l’ouverture du domaine, j’avais appris qu’un tir d’avalanche avait été effectué avec succès au­dessus de cette piste, et rien n’a pu nous laisser penser qu’une coulée se déclencherait en fin de journée. Pour moi, toutes nos équipes avaient bien fait leur travail. »« Ma conviction est que les pisteurs n’ont pas suffisamment surveillé cette piste. »

Mais pour l’avocate des parties civiles, Me Martine Bouccara, du barreau de Paris, la piste aurait dû être fermée le jour du drame.

Si cette société n’est pas pénalement responsable, alors comment une skieuse encadrée par un moniteur a pu être tuée par une avalanche sur un espace censé être protégé ? Ma conviction est que les pisteurs n’ont pas suffisamment surveillé cette piste.
Me Martine Bouccara

Selon le parquet, repré­senté par Marie Kerbart, laquelle a requis 50 000 € d’amende contre la société prévenue, les risques tenant à la qualité et à la quantité de neige ont été sous­estimés. En défense, Me Maurice Bodecher a quant à lui plaidé la relaxe de la socié­té ADS. « Si cette piste a été ouverte plus tardivement ce matin­ là, c’était justement pour la mettre en sé­curité, et le spécialiste en météorologie entendu dans l’enquête a même affirmé que la faible hauteur neige tombée au cours de la journée ne justifiait pas une mise en alerte du service des pistes. Sans parler de l’expertise en nivologie, qui n’est intervenue que 72 heures après l’avalanche. »

Le jugement sera rendu le 30 juin prochain.

Olivier MASSEBOEUF

Maître Bouccara a obtenu la condamnation de la société ADS a une amende de 50000 euros et des dommages et intérêts importants pour la famille de la victime.